extrait du chapitre 1 : Maro

Pour vous mettre l’eau à la bouche, et en attendant lundi, voici un court extrait tiré du premier chapitre. Il porte sur Maro, un personnage que j’affectionne terriblement : marginale, introvertie au quotidien, mais qui se trouve avoir une belle répartie avec ses amis. Bonne lecture et on se donne rendez-vous semaine prochaine pour en lire davantage !

Maro s’était installée à Paris alors qu’elle n’avait pas encore 19 ans, mais déjà 18 donc c’était l’heure de partir, avec seulement cent balles sur son compte bancaire. Une amie d’amie de sa mère a pu l’accueillir le temps qu’elle se trouve un toit, mais pas plus d’un mois puisque son fils reviendrait du service militaire et qu’il récupèrerait sa chambre. Maro se souvient de s’être d’abord sentie hyper embarrassée, sur ce lit une place aussi dur que la pierre, entourée de vieilles affiches de propagande et d’étagères à trophées, de livres obscurs, comme celui sur la chasse à courre française et allemande (Jagd) avant 1952.
Mais elle avait finalement réussi à y faire abstraction, tant la vie dehors était une échappatoire, révolution qui s’installait dans son coeur : elle embrassait une fille pour la première fois, déjà la semaine qui suivait son arrivée.
« Léa… Petite blonde, petit cul, petite bouche, toute jolie. Je dis ça comme ça, maintenant, mais à l’époque, je faisais pas la fière. Quand elle m’a prise par la main, j’ai réagi comme si de rien n’était, mais au fond, j’étais tétanisée, paf, un vrai glaçon au milieu du bide. On s’était rencontrées à la Loco, un ancien club à Pigalle, qui a été remplacé par La Machine, je crois. Je sais pas comment j’ai pu me retrouver là-bas, je connaissais personne, j’avais aucun ami, alors j’image que j’y suis allée seule… On a fini par se choper sur la piste de danse, le gars aux platines était le sosie de Carl Cox. »
Elle remue frénétiquement ses jambes sous la table pour contrer le froid qui s’engouffre dans son jean. L’hiver n’a pas réfréné notre dépendance à la clope, on s’est installées en terrasse, en plein vent.

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s